Un conteneur maritime ne se remplit pas en empilant les colis les uns derrière les autres. Pour un déménagement international, chaque meuble, chaque caisse et chaque colis doit trouver sa place en tenant compte de son volume, de son poids, de sa forme et de sa fragilité. L’empotage constitue une opération logistique à part entière. Le plan de chargement doit permettre d’utiliser l’espace disponible tout en préservant la stabilité de la cargaison pendant les manutentions, les transbordements et la traversée maritime. Transports MARI s’appuie notamment sur le Code CTU, qui encadre les bonnes pratiques de chargement des cargaisons dans les unités de transport.
Quel conteneur choisir pour un déménagement ?
Le choix du conteneur maritime dépend directement du volume à transporter et de la nature des biens. Le tableau suivant récapitule les charges utiles et les volumes d’emport selon la norme ISO 668 :
| Type de conteneur | Longueur utile | Volume opérationnel estimé |
| 20 pieds Dry | 5,90 m | 33,2 m³ (28 à 30 m³) |
| 40 pieds Dry | 12,03 m | 67,7 m³ (56 à 60 m³) |
| 40 pieds High Cube (HC | 12,03 m | 76,4 m³ (66 à 70 m³) |
La différence entre volume théorique et volume exploitable est importante. Le volume opérationnel effectif présente une dépréciation de 10 à 15 % par rapport au volume brut. Cette marge résulte des formes irrégulières du mobilier, des jeux de manutention et des dispositifs de calage obligatoires. Le plan de chargement doit donc intégrer ces contraintes dès la préparation.
Principes physiques de répartition des masses
Le volume disponible ne doit jamais être la seule préoccupation. Le poids total doit être réparti de manière symétrique sur le plancher afin d’éviter une mauvaise répartition des masses. Le centre de gravité longitudinal ne doit pas s’écarter de plus de 5 % du centre du conteneur.
Les charges lourdes comme les caisses en bois renforcées, les marbres, les coffres sont placées au niveau inférieur. Les pièces très lourdes de faible emprise au sol nécessitent la mise en place de madriers ou de bastaings de répartition pour ne pas dépasser la résistance mécanique du plancher bois. Les cartons légers et les éléments matelassés occupent le niveau supérieur afin de prévenir tout écrasement.
Techniques de calage, de barreaudage et d’arrimage
Sous l’effet des mouvements de roulis, de tangage et de pilonnement en haute mer, les marchandises subissent d’importants mouvements pendant le transport maritime. Le chargement doit donc être immobilisé avec des dispositifs techniques.
- Les coussins de calage gonflables (dunnage bags) peuvent occuper les espaces entre les rangées de caisses afin d’absorber les vibrations et de limiter les glissements transversaux.
- Le barreaudage en bois certifié NIMP 15, permet de maintenir les charges lourdes et de compartimenter certaines zones du conteneur.
- Les sangles d’arrimage à cliquet fixées aux anneaux scellés dans les membrures métalliques du conteneur (résistance nominale certifiée de 1 000 à 2 000 daN) maintiennent les éléments qui pourraient se déplacer. Un filet ou treillis d’arrimage est systématiquement dressé derrière les portes pour éviter toute chute lors de l’ouverture.
Préparation et modélisation avant l’empotage
Avant l’empotage, les équipes logistiques conçoivent un plan de chargement prévisionnel à l’aide d’outils de modélisation 3D. Cette simulation permet de déterminer l’agencement exact des caisses hors gabarit, de respecter les impératifs d’accès en cas de livraisons fractionnées et de sélectionner la typologie de conteneur appropriée dès la phase préparatoire.
Exemple de répartition
Imaginons un déménagement comprenant plusieurs cartons, du mobilier démonté, une caisse contenant une œuvre fragile et un coffre particulièrement lourd. Le coffre sera placé au niveau inférieur, avec une répartition adaptée de sa charge. Les meubles protégés occuperont la zone intermédiaire, tandis que les cartons légers seront positionnés au-dessus. Les espaces résiduels seront traités avec les dispositifs de calage appropriés. L’objectif n’est donc pas de remplir chaque centimètre carré. Il s’agit de trouver un équilibre entre volume utilisé, stabilité, accessibilité et protection des biens.
Le plan de chargement d’un conteneur demande une véritable préparation logistique. Le choix du conteneur, la répartition des masses, le calage et l’arrimage sont liés. Une bonne organisation de l’empotage permet de mieux exploiter le volume disponible tout en préparant la cargaison aux différentes contraintes du transport maritime.

